Comment toucher 100% de son salaire en arrêt maladie (Guide France 2025)

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Être en arrêt maladie ne signifie pas forcément perdre une partie de son salaire. En combinant intelligemment les indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS), le complément employeur et les dispositifs prévus par votre convention collective ou votre contrat de prévoyance, il est possible d’atteindre ou de s’approcher très près des 100% de rémunération. Ce guide détaille toutes les démarches à suivre selon votre situation en 2025.

L’essentiel en 30 secondes

Pour toucher 100% de votre salaire en arrêt maladie, vous devez activer plusieurs leviers : les IJSS de base (environ 50% du salaire), le complément légal employeur (qui porte à 90% puis 66% du brut), et surtout les dispositions de votre convention collective ou de votre contrat de prévoyance qui peuvent garantir un maintien intégral.

La formule générale est simple : IJSS (≈50%) + complément employeur (90% puis 66%) + CCN/prévoyance = jusqu’à 100%. En cas d’accident du travail ou maladie professionnelle (AT/MP), la situation est plus favorable avec aucune carence employeur et des indemnités dès le premier jour.

🔎 À savoir tout de suite

Envoyez votre arrêt de travail sous 48 heures maximum (employeur + CPAM) • Vérifiez votre convention collective : de nombreuses CCN garantissent un maintien à 100% net • Demandez la subrogation à votre employeur pour éviter les avances et être payé en continu par votre employeur

Comprendre les briques de votre indemnisation

L’indemnisation d’un arrêt maladie repose sur un système à étages où plusieurs dispositifs se complètent. Chaque « brique » a ses propres règles de calcul, ses délais de carence et ses plafonds qu’il est essentiel de maîtriser pour optimiser votre couverture.

Les IJSS : calcul, plafond 2025 et carence

Les indemnités journalières de la Sécurité sociale représentent la base de votre indemnisation. Elles correspondent à 50% de votre salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des trois derniers salaires bruts divisée par 91,25 jours. Depuis 2025, ces IJSS sont plafonnées par 1,4 fois le SMIC, ce qui donne un maximum de 41,47€ par jour.

Un délai de carence de 3 jours s’applique systématiquement (sauf exceptions comme les ALD ou certains arrêts successifs). Concrètement, si vous gagnez 2 500€ bruts par mois, votre salaire journalier de base sera d’environ 82€, et vos IJSS de 41€ par jour maximum.

Exemple pratique : Pour un salaire de 3 000€ bruts mensuels, le calcul donne un SJB de 98€, mais les IJSS restent plafonnées à 41,47€/jour, soit environ 1 244€ par mois au lieu des 1 500€ théoriques (50% du salaire).

Pour estimer précisément vos droits, vous pouvez utiliser notre simulateur de calcul d’IJSS pour accident du travail.

Le complément employeur légal (privé)

Dans le secteur privé, votre employeur est légalement tenu de vous verser un complément de salaire sous certaines conditions. Vous devez avoir au moins un an d’ancienneté et être pris en charge par la CPAM. Ce complément s’élève à 90% du salaire brut pendant les 30 premiers jours, puis aux 2/3 du salaire les 30 jours suivants.

Un délai de carence employeur de 7 jours s’applique (sauf en cas d’AT/MP où il n’y en a aucun). Les durées de maintien sont majorées selon votre ancienneté : avec 5 ans d’ancienneté, vous bénéficiez de 40 jours à 90% puis 40 jours aux 2/3, et ainsi de suite.

L’important à retenir : ce complément employeur vient s’ajouter aux IJSS de la CPAM pour reconstituer tout ou partie de votre salaire habituel.

Conventions collectives et accords : vers le maintien 100%

C’est souvent grâce à votre convention collective (CCN) que vous pourrez atteindre les 100% de maintien de salaire. De nombreuses CCN prévoient des dispositions plus favorables que le Code du travail, soit directement, soit via un contrat de prévoyance de branche obligatoire.

Pour identifier votre CCN, consultez votre bulletin de paie (code IDCC), votre contrat de travail ou l’affichage obligatoire en entreprise. Une fois identifiée, cherchez la section « maintien de salaire » ou « garantie incapacité » qui détaille les conditions et les taux de couverture.

Certaines CCN comme celle de la métallurgie, des services à la personne ou du BTP prévoient explicitement un maintien à 100% du salaire net pendant plusieurs mois, moyennant parfois une prévoyance complémentaire financée paritairement.

Subrogation & attestations : être payé sans rupture

La subrogation est un mécanisme clé pour éviter les ruptures de paiement. Concrètement, votre employeur reçoit directement les IJSS de la CPAM et vous verse votre salaire habituel (ou le montant maintenu selon votre CCN). Vous n’avez donc qu’un seul interlocuteur pour vos revenus.

Cette subrogation nécessite votre accord écrit et celui de votre employeur. Elle est généralement favorable car elle évite les décalages de trésorerie et simplifie la gestion. Votre employeur doit transmettre l’attestation de salaire via la DSN dans les délais pour que le calcul des IJSS soit correct.

Atteindre 100% dans le privé : démarches par scénario

Selon votre niveau de salaire par rapport au plafond des IJSS et les dispositions de votre convention collective, les stratégies pour atteindre 100% de maintien diffèrent. Voici comment procéder dans chaque cas de figure.

Salaire ≤ plafond IJSS (profils au SMIC ou proches)

Si votre salaire mensuel est inférieur ou égal à 2 900€ bruts environ (soit le plafond IJSS annualisé), vous êtes dans une situation plutôt favorable. Les IJSS à 50% plus le complément employeur légal peuvent vous amener proche des 90% du brut, et votre CCN peut compléter pour atteindre 100% du net.

Démarches prioritaires : Vérifiez immédiatement les clauses de maintien de salaire de votre CCN. Activez la subrogation dès l’envoi de votre arrêt. Respectez scrupuleusement les délais de transmission (48h) pour éviter tout retard de paiement.

Dans ce scénario, l’objectif est souvent atteignable car l’écart à combler entre les indemnités légales et les 100% reste limité, ce que peuvent absorber les dispositifs conventionnels ou de prévoyance.

Salaire > plafond IJSS (cadres)

Pour les salaires supérieurs au plafond IJSS (typiquement les cadres ou professions bien rémunérées), l’équation devient plus complexe. Le plafonnement à 1,4 SMIC crée un « trou » significatif que seuls des dispositifs renforcés peuvent combler.

Actions indispensables : Examinez en détail votre accord d’entreprise et les éventuels contrats de prévoyance souscrits par votre employeur. Contactez votre service RH pour connaître précisément les garanties souscrites. Si l’écart reste important, étudiez la possibilité de souscrire une prévoyance individuelle complémentaire.

Certaines entreprises, notamment dans le secteur des services ou de la finance, ont des accords internes très protecteurs qui garantissent un maintien intégral même pour les hauts salaires, via des contrats de prévoyance groupe adaptés.

Check-list maintien 100%

Voici la séquence optimale à suivre pour maximiser vos chances d’obtenir 100% de maintien :

J-1 à J+2 : Envoyez votre arrêt de travail sous 48h maximum (volets CPAM et employeur). Informez simultanément votre responsable direct ou RH par email.

J+3 à J+7 : Demandez par écrit la mise en place de la subrogation. Vérifiez que votre employeur a bien transmis l’attestation de salaire via DSN.

Semaine 1 : Consultez votre convention collective (section maintien de salaire). Identifiez l’existence d’un contrat de prévoyance et ses conditions.

Semaine 2 : Obtenez une confirmation écrite de votre employeur sur le taux de maintien appliqué et les dates de versement prévisionnelles.

Cas particuliers à connaître

Certaines situations bénéficient de règles spécifiques qui peuvent considérablement améliorer votre niveau d’indemnisation. Ces exceptions valent la peine d’être connues car elles modifient souvent favorablement les conditions de prise en charge.

Accident du travail / Maladie pro (AT/MP)

En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, les règles changent radicalement en votre faveur. La récente réforme AT/MP 2025 précise notamment les plafonds d’indemnisation et les nouvelles modalités applicables.. Il n’y a aucun délai de carence ni côté CPAM ni côté employeur : les indemnisations démarrent dès le premier jour.

Les IJSS AT/MP sont plus élevées : 60% du salaire journalier pendant les 28 premiers jours, puis 80% au-delà. Le complément employeur s’applique également dès le premier jour sans aucun délai de carence, ce qui permet souvent d’atteindre ou de dépasser les 100% dès le début de l’arrêt.

Point important : La reconnaissance du caractère professionnel de votre accident ou maladie professionnelle reconnue est cruciale. N’hésitez pas à faire une déclaration d’accident du travail même en cas de doute, la CPAM statuera ensuite sur l’imputabilité.

Fonction publique (C.M.O.)

Depuis le 1er mars 2025, les règles ont changé pour les fonctionnaires. Le plein traitement traditionnellement maintenu pendant 3 mois a été remplacé par un maintien à 90% du traitement (hors primes pour la plupart).

Un jour de carence s’applique désormais (contre zéro précédemment). Après les 3 premiers mois à 90%, l’indemnisation passe à 50% du traitement pour les 9 mois suivants, puis à 100% si vous avez une famille nombreuse.

Cette réforme représente une baisse significative par rapport à l’ancien système, et de nombreux fonctionnaires se tournent vers des assurances complémentaires pour compenser cette perte.

ALD / arrêts successifs

Certaines situations permettent d’échapper au délai de carence de 3 jours de la CPAM. C’est le cas notamment si vous bénéficiez du statut ALD (Affection de Longue Durée) pour certaines pathologies, ou si vos arrêts successifs sont espacés de moins de 48 heures.

Ces exceptions peuvent optimiser significativement le flux d’indemnisation, surtout si vous cumulez plusieurs courtes périodes d’arrêt. La continuité des droits évite les « trous » de rémunération qui peuvent peser sur votre budget.

💡 Bon à savoir Si votre médecin prescrit plusieurs arrêts courts successifs pour la même pathologie, demandez-lui d’évaluer l’opportunité d’un arrêt plus long d’emblée pour éviter les carences répétées.

Démarches pas-à-pas pour sécuriser 100%

Une fois que vous maîtrisez les dispositifs théoriques, il faut passer à l’action méthodique. L’ordre et la rapidité de vos démarches conditionnent directement l’efficacité de votre prise en charge.

48h chrono & pièces

La règle d’or est l’envoi de votre arrêt de travail sous 48 heures. Le volet 1 va à la CPAM, le volet 2 à votre employeur, et vous conservez le volet 3. Retard = pénalité financière de 50% sur les IJSS pendant les premiers jours.

Simultanément, demandez à votre employeur la mise en place de la subrogation par email ou courrier. Cette demande peut être formulée ainsi : « Je souhaite bénéficier de la subrogation pour mon arrêt maladie du [date] afin d’éviter les avances de frais« .

Vérifiez que votre employeur transmet bien l’attestation de salaire via DSN dans les 5 jours. Cette attestation conditionne le calcul exact de vos IJSS par la CPAM.

Lire sa CCN et sa prévoyance

Pour identifier votre convention collective, consultez votre bulletin de paie (code IDCC) ou demandez à votre service RH. Une fois le numéro obtenu, rendez-vous sur le site Légifrance ou sur le Code du travail numérique pour consulter le texte intégral.

Cherchez spécifiquement les sections « maladie« , « maintien de rémunération » ou « prévoyance« . De nombreuses CCN prévoient un maintien net (plus favorable qu’un maintien brut) et précisent les conditions d’ancienneté ou les démarches à effectuer.

Concernant la prévoyance, elle peut être de branche (obligatoire via la CCN), d’entreprise (négociée localement) ou individuelle. Les garanties varient énormément : certaines prévoient un maintien à 100% dès le 1er jour, d’autres après plusieurs mois de carence.

Échanger avec la DRH

Une communication claire avec votre service RH ou votre gestionnaire paie est essentielle. Ils connaissent précisément les dispositifs applicables dans votre entreprise et peuvent anticiper les éventuelles difficultés.

Demandez une confirmation écrite détaillant : le taux de maintien appliqué (90%, 100%…), la durée de cette garantie, les dates prévisionnelles de versement, et la prise en compte ou non des primes et avantages.

N’hésitez pas à poser des questions précises : « Le maintien est-il calculé sur le brut ou le net ?« , « Les primes variables sont-elles incluses ?« , « Quelle est la durée maximale de garantie selon mon ancienneté ?« 

💬 Phrase à copier-coller à la DRH

« Bonjour, pouvez-vous me confirmer par écrit le maintien de salaire prévu par notre CCN/accord d’entreprise (taux et durée), la subrogation mise en place et la date prévisionnelle de versement ? Merci pour ces précisions qui m’aideront à anticiper ma situation financière.« 

Mini-simulateur : estimez votre taux de couverture

Pour évaluer rapidement votre niveau d’indemnisation, suivez ces 4 étapes de calcul. Cet exercice vous donnera une estimation fiable de votre taux de couverture selon votre situation.

Étape 1 – Calculez vos IJSS : Prenez vos 3 derniers salaires bruts, divisez par 91,25 pour obtenir le salaire journalier de base (SJB), puis divisez par 2. Attention au plafond de 41,47€/jour en 2025.

Étape 2 – Ajoutez le complément employeur : Si vous avez plus d’1 an d’ancienneté, ajoutez le complément légal visant 90% du brut les 30 premiers jours (après 7 jours de carence, sauf AT/MP).

Étape 3 – Intégrez CCN/prévoyance : Consultez votre convention collective et contrat de prévoyance pour identifier les compléments supplémentaires qui peuvent porter votre indemnisation à 100%.

Étape 4 – Cas AT/MP : Si votre arrêt fait suite à un accident du travail ou maladie professionnelle, supprimez toutes les carences et appliquez les taux AT/MP (60% puis 80% pour les IJSS, plus le complément employeur dès J+1).

Exemple concret : Salaire 3 500€ bruts/mois, ancienneté 3 ans, CCN prévoyant 100% net.

  • IJSS : 41,47€/jour × 30 = 1 244€/mois
  • Complément employeur après carence : vise 90% soit 3 150€ bruts
  • CCN : complète pour atteindre 100% du net (environ 2 750€)
  • Résultat : 100% du net garanti après 7 jours de carence

FAQ

Cette section répond aux questions les plus fréquentes pour clarifier les points qui génèrent le plus d’incompréhensions chez les salariés en arrêt maladie.

Le maintien 100% est-il automatique ?

Non, le maintien intégral du salaire n’est jamais automatique. Le Code du travail ne garantit que 90% du brut puis 2/3 avec les conditions d’ancienneté et de carence. Pour atteindre 100%, il faut que votre convention collective, votre accord d’entreprise ou votre contrat de prévoyance le prévoient explicitement.

De nombreux salariés découvrent malheureusement cette réalité au moment de leur premier arrêt maladie. C’est pourquoi il est crucial de vérifier en amont les dispositifs applicables dans votre entreprise.

Combien de jours de carence ?

Il faut distinguer deux types de carence : côté CPAM et côté employeur. La CPAM applique 3 jours de carence systématiquement (sauf exceptions comme les ALD). Votre employeur applique 7 jours de carence avant de verser son complément légal.

Exception majeure : en cas d’accident du travail ou maladie professionnelle, il n’y a aucune carence ni côté CPAM ni côté employeur. Certaines conventions collectives peuvent également réduire ou supprimer ces délais.

C’est quoi la subrogation ?

La subrogation est un mécanisme où votre employeur reçoit directement les IJSS de la CPAM et vous verse votre salaire maintenu (selon CCN/accord). Concrètement, vous n’avez qu’un seul versement mensuel de votre employeur, qui se charge ensuite de récupérer la part CPAM.

Ce système évite les ruptures de trésorerie et simplifie la gestion, mais nécessite votre accord écrit et celui de votre employeur. La subrogation est généralement favorable au salarié car elle garantit une continuité de paiement.

Fonction publique : suis-je à 100% ?

Non, depuis la réforme du 1er mars 2025, les fonctionnaires ne sont plus à 100% dès le début. Le nouveau système prévoit 90% du traitement pendant les 3 premiers mois (avec 1 jour de carence), puis 50% les 9 mois suivants.

Cette baisse significative par rapport à l’ancien système pousse de nombreux agents publics à souscrire des assurances complémentaires pour maintenir leur niveau de vie en cas d’arrêt maladie prolongé.


En résumé, atteindre 100% de maintien de salaire en arrêt maladie est possible mais nécessite de bien connaître et activer tous les dispositifs disponibles : IJSS, complément employeur, convention collective et prévoyance. La clé du succès réside dans la rapidité des démarches (48h pour l’envoi), la vérification de sa CCN, et la mise en place de la subrogation pour un paiement fluide. Chaque situation étant unique, n’hésitez pas à vous faire accompagner par votre service RH pour optimiser votre prise en charge.

Rédigé par waki
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